Un des premiers signes d’un jardin riche et vivant s’entend dès les premières heures du jour au printemps : le chant des oiseaux !
Ici, sur notre ferme en Mayenne, nous ne pourrions pas travailler sans eux. En tant que maraîchers bio, nous nous appuyons au quotidien sur la biodiversité pour garantir l’équilibre de nos cultures. Vous souhaitez faire de même chez vous ? Voici nos conseils pour accueillir les oiseaux dans votre jardin, et les erreurs à éviter pour leur bien-être.
Pourquoi les oiseaux sont-ils les alliés du jardinier ?
Il est urgent d’agir : les populations d’oiseaux ont chuté de 25 % en Europe depuis 1980. Cette disparition est liée à la perte de leurs habitats (haies, bosquets) et à la raréfaction des insectes due aux pesticides.
Pourtant, au verger comme au potager, ce sont de véritables auxiliaires de cultures ! Ils sont redoutables contre certains ravageurs. Un seul couple de mésanges peut capturer jusqu’à 500 chenilles par jour pour nourrir ses petits. En les accueillant, vous favorisez une lutte biologique naturelle pour obtenir de beaux fruits et légumes, sans aucun produit chimique.
Le secret d’un jardin accueillant : le « laisser-faire »
Le geste le plus efficace pour la biodiversité, c’est parfois de ne rien faire. Un jardin très entretenu, trop “propre”, ne présente pas de ressources alimentaires ni d’abri pour la biodiversité. Sans transformer votre terrain en friche, vous pouvez garder quelques zones refuges.
Voici quelques gestes simples qui permettent aux oiseaux de trouver le gîte et le couvert toute l’année :
- laisser quelques mètres carrés d’herbes hautes (fauche tardive)
- semer un carré de fleurs mellifères ou champêtres
- retarder la taille de vos haies
Nourrir les oiseaux en hiver : les bonnes pratiques
Là encore, les ressources alimentaires peuvent être simplement apportées par les plantes de votre jardin, comme les arbustes à baies ou à noix (sorbier, églantier, aubépine, sureau noir, noisetier…). Dans tous les cas, privilégiez des espèces locales de nos bocages mayennais. Si vous avez des arbres fruitiers, vous pouvez également laisser quelques fruits gâtés au sol : les grives et les merles se régaleront et vous débarrasseront des vers et chenilles éventuels.
Si les températures sont négatives de manière prolongée, il peut être utile de compléter avec un apport riche en énergie. Un mélange de graines de tournesol, de millet et d’avoine convient à plusieurs tailles de becs. Cessez les apports au printemps, car à cette période les adultes doivent commencer à chasser des insectes pour produire leurs œufs puis nourrir leurs oisillons.
Par contre, ne donnez jamais de pain sec ! Il est néfaste pour l’estomac des oiseaux, de même que les produits laitiers et les restes de repas. Évitez également les insectes : un apport de protéines en plein hiver peut perturber le système hormonal des oiseaux et compromettre leur reproduction.

Veillez à disposer les mangeoires à l’abri des chats, et préférez les modèles avec un toit et un réservoir pour conserver les graines propres et sèches.
L’eau : l’oubliée du jardin
En période de canicule, ou en cas de gel prolongé, les oiseaux peuvent avoir des difficultés à accéder à l’eau. Si vous avez une mare, assurez-vous que ses berges sont accessibles aux oiseaux, sinon placez quelques pierres afin qu’ils puissent se poser pour boire. En l’absence de point d’eau naturel, placez des coupelles, toujours hors de portée des chats, remplies et nettoyées régulièrement.
Installer des nichoirs : gîte et sécurité
Afin que les oiseaux puissent nicher, respectez absolument les dates d’interdiction de taille des haies, entre mars et août. Essayez de conserver des zones tranquilles, moins entretenues, voire même un peu de bois mort si cela ne présente pas de risque de chute de branches.
Si votre jardin n’est pas assez grand, il est possible d’installer des nichoirs. Que vous l’achetiez dans le commerce ou le fabriquiez vous-même, veillez bien à la forme et à la dimension du trou d’entrée, qui conditionne les espèces qui pourront y loger. Dans tous les cas, l’installation doit toujours être hors de portée des chats, qui sont de redoutables prédateurs pour les oisillons !
Agir ensemble pour la biodiversité en Mayenne
Mis bout-à-bout, tous les petits gestes en faveur de la biodiversité peuvent faire une grande différence. Nos jardins privés représentent 1,2 million d’hectares en France, soit 6 fois plus que la surface des réserves naturelles en métropole ! En appliquant ces gestes simples, nous créons ensemble un précieux maillage écologique.
D’ailleurs, au Jardin Ouroboros, nous effectuons un recensement des oiseaux avec MNE depuis 2024. Et également, un suivi des populations de chauves-souris.
Pour aller plus loin :
- 7 règles d’or pour nourrir les oiseaux – La Minute Nature
- Site de la Ligue pour la Protection des Oiseaux


